8 Days · 31 Moments · December 2017

27 December 2017

Sacré constraste avec les endroits plus reculés d'où nous venons : les rues grouillent de monde, l'air est pollué par les gaz d'échappement (même au souk), on nous réclame de l'argent pour tout et n'importe quoi : un droit de parking imaginaire, une aide pour trouver un restaurant,... Les taxis ne se privent pas pour nous facturer 3 fois le prix de la course. Malgré cela, nous profitons de ces derniers moments de dépaysement. Il paraitrait même qu'on parle bien arabe ! "Salam, nabas, ramdoula,...". Le souk donne envie de ramener des valises entières de tapis, luminaires, paniers, et autres. Nous sommes plus que raisonnables avec nos 3 paniers et notre sac de patisseries maroccaines. Direction le très chic "Jardin" pour notre dernier dîner, à base de couscous cette fois, dans un cadre sublime.
Sur la route du retour, nous nous arrêtons à une coopérative de femmes pour acheter de l'argan, puis direction la fameuse Marrakech.
La maison d'hôtes chez Juan est un vrai havre. Le confort de la chambre et surtout le chauffage nous font un bien fou en comparaison du désert. Nous profitons des balades calmes sur les berges, et de la vue, avant de reprendre la route vers Marrakech.

26 December 2017

Nous passons du désert à la palmeraie d'Agdz, de l'autre côté des montagnes de Skoura. Un endroit sublime, isolé dans la palmeraie, le lonc de l'Oued, "que personne n'a envie de quitter". Nous sommes accueillis par Mohammed qui nous accompagne pour une balade dans la palmeraie et un thé à la menthe au bord de l'Oued. Les couleurs des palmiers, de l'eau et de la terre sont saisissantes !
Dernier réveil dans le désert, dernier petit déjeuner gargantuesque, derniers regards sur les dunes. Une heure de dromadaire plus tard, Hamid nous ramène à l'auberge, où nous prenons une douche. Oui, une DOUCHE. Chaude. Avec du savon. Le bonheur sur terre.

25 December 2017

La balade nous mène jusqu'au coucher du soleil. Le sable change de couleur, le ciel semble changer aussi. "Vous ne prenez pas beaucoup de photos comparé aux chinois". Merci Hamid, on prend ça comme un vrai compliment ! Les garçons s'essayent à des figures acrobatiques du haut des dunes... avec plus ou moins de succès !
Notre déjeuner de Noël, sur une jolie table dressée spécialement pour nous, et une avalanche de grenade en guise de bûche.
Nous prenons le surf aux fixations rouillées et rafistolé avec des agraphes pour quelques descentes. Comme au ski, la montée est bien plus difficile (et longue) que la descente ! Pas de quoi faire des virages ou des figures mais nous faisons tout de même du surf sur dune le jour de Noël, et ça vaut le détour !
Ce désert enclavé entre les chaines de montagne parait soudain bien petit, alors même que ses dunes s'étendent à perte de vue.
Après une petite marche, nous partons à dos de dromadaires avec Hamid au turban vert. Il nous conduit sur l'une des plus hautes dunes aux alentours. De là, nous apercevons les autres campements berbères et Merzouga, au pied de la plus haute des dunes, où s'entassent auberges et campements. Nous en apprenons davantage sur Hamid : il a 22 ans et vient d'un village entre notre camp et Merzouga. Son père est jardinier et son grand père nomade. Il parle arabe et berbère mais connait quelques mots d'anglais, de français et de japonais grâce aux touristes.
Le petit déjeuner nous attend au camp, avec du thé et du café qui réveillent !
Nous avions mis le réveil pour ne rien manquer du lever de soleil dans le désert. Nous serons en fait réveillés par les enfants de la tente d'à côté en train d'ouvrir leurs cadeaux ! La nuit a été froide et il est compliqué de sortir du lit. C'est frigorifiés que nous sortons grimper les dunes, à la recherche du meilleur point de vue. Manu se lance dans des écritures romantiques avec ses pieds tandis que je ne quitte pas des yeux les rayons qui pointent à l'horizon. Le soleil finit par apparaître, recouvrant le sable d'une couleur orange vif qui constate magnifiquement avec le bleu du ciel.
Joyeux Noël !

24 December 2017

Le campement fait partie d'un groupe de cinq camps protégés par l'une des plus grandes dunes des environs. Nous descendons non sans mal de nos montures, les fesses douloureuses, et rejoignons les autres invités autour du feu : deux familles de Gibraltar et deux Singapouriens. Même avec les manteaux, cette balade de nuit a été plutôt fraiche, et nous apprécions le thé et la chaleur du grand feu. Nous mangeons tous ensemble sous la grande tente, puis direction le feu principal autour duquel nous écoutons la voix et les percussions de nos cinq hôtes berbères. C'est un moment hors du temps que nous vivons, la veille de Noël, au milieu du désert, avec de parfaits inconnus, dont nous savourons chaque instant. Au coucher, il nous faut soulever des kilos de couvertures pour nous glisser dans le lit et dans les bras de Morphée...
La nuit est déjà quasiment tombée lorsque nous nous garons. Un homme en tenue berbère nous attend pour partir. "4 litres d'eau, des pulls et pas de valise". Nous jettons quelques affaires dans un sac et cinq minutes plus tard nous sommes face à deux dromadaires et un guide au turban blanc, Mohammed : c'est parti pour 1 heure de traversée du désert à la tombée de la nuit ! Ça secoue, ça bouge, ça pue, mais quel moment extraordinaire ! Les couleurs de fin de journée dansent sur le sable, tandis que la température commence à descendre. Nous passons nos appels de Joyeux Noël à dos de dramadaire avant de ne plus avoir de réseau. Ni Manu ni moi ne réalisons vraiment ce qui nous arrive lorsque nous arrivons au campement.
Une fois sur la route pour Rissani apparaissent peu à peu le sable, les mini dunes, les dromadaires. Seuls sur la route, nous nous retrouvons au milieu de deux magnifiques massifs rocheux. Nous suivons le GPS alors que décline le soleil. Sur le bas côté, nous tâchons d'éviter les enfants, les vélos, les charrettes, les motos... Le paysage devient lunaire : rien à droite ni à gauche, hormis les montagnes au loin. Puis se dessinent les fameuses dunes, d'abord timides puis de plus en plus imposantes. Le soleil ne va pas tarder à se coucher et nous nous pressons pour arriver avant la nuit. Pas de signe de notre auberge sur les panneaux, pas la bonne route, des indications peu précises par téléphone, nous arrivons non sans mal à la très belle auberge Café du Sud.
Cet aller retour nous aura rallongé le trajet de 45minutes mais quel magnifique détour ! Nous repartons pour 2h de route jusqu'à El Khorbat, une auberge recommandée par Thierry, qui s'avère être assez touristique. C'est après un barrage de police (où l'on comprend enfin qu'il faut s'arrêter à chaque fois devant leur panneau stop temporaire) que nous ratons l'embranchement pour Merzouga, ce qui nous vaut un bon détour inutile.
Peu de temps après Skoura, nous bifurquons pour nous enfoncer dans les Gorges du Dadès. Dès les premiers lacets, la vie est incroyable : le contraste entre les vallées vertes et la montagne rouge est saisissant. Lors d'un arrêt photo, des enfants nous demandent des dirhams et des stylos : je sacrifie mon unique stylo INSA en espèrant qu'il fera peut être naître des vocations.
Lever aux aurores aujourd'hui : nous avons une longue route devant nous afin d'arriver dans le désert avant la nuit. Crêpes marocaines encore et toujours au menu, ce qui n'est pas pour nous déplaire, et c'est parti pour ce qu'on imaginait être "seulement" 5 heures de route.

23 December 2017

Retour à la palmeraie pour profiter des rayons chauds du soleil depuis le jardin. Nos hôtes ont démarré leur activité il y a 13 ans, quand la maison d'hôtes n'était encore qu'un champ de luzerne et qu'aucun chemin ne permettait d'y accéder. Ils y ont construit un joli havre de paix avec quelques chambres, une piscine, un grand jardin, des poules, des ânes, et bien sûr des oliviers et dattiers qu'ils récoltent en autosuffisance. "Tout est bio, ici on n'a que ça !". Des touristes chinoises nous rejoignent pour la nuit (et demandent du riz avec leur tagine ?). La soupe aux lentilles et cumin d'Alima est une vraie tuerie. Lorsque nous sortons nous coucher, certes la température est basse mais le ciel est rempli d'étoiles.
Nous déjeunons au "Patron barbu", qui nous a été recommandé par Thierry. Et le patron est effectivement barbu et très sympathique ! Tagine Skouri à la joue de boeuf, fromage de chèvre frais et thé à la menthe : nous mangeons en regardant passer la vie dans Skoura.
Nous prenons un peu de hauteur dans ce décor et rencontrons un berger avec son troupeau de chèvres, dans ce qui pourrait passer pour un mini Grand Canyon : la terre rouge, les formations rocheuses,... Nous redescendons vers l'Oued Dades et sa plage où Manu s'adonne à l'une de ses grandes passions : les ricochets ! On se laisse chauffer le dos par le soleil et le temps semble s'être arrêté.
Lever 7h30. Douche. Petit déjeuner (à base de crêpes marocaines!) et nous voilà partis pour l'oasis de l'Oued Dades, que l'on commence au bout du piste, la ou la route s'arrête. Une très belle marche entre jardins et tous petits villages, entourés de grenadiers, de plantations de fèves, d'oliviers et de palmiers. Certains palmiers calcinés témoignent de la méthode locale pour se débarrasser du ver blanc qui en mange l'intérieur : on crame la couche externe qui palmier, ce qui ne le tue pas mais cuit le ver à l'intérieur façon vapeur. Nous croisons principalement des femmes marchant vers le village principal, de tout âge.

22 December 2017

Nous arrivons à Dar Lorkam, une maison d'hôtes tenue par un couple de Rhonalpins, Thierry et Michèle. L'endroit est sublime. Skoura signifie "perdrix" en berbère, et la ville se situe dans la vallée aux mille Kasbah. Autrefois, Skoura était un lac alimenté en permanence par les neiges des montagnes. Résultat : beaucoup de verdure qui attirait les animaux et les nomades. Les peuples du Nord et les juifs ont asséché le lac pour en faire une palmeraie riche et cosmopolite. 23 variétés de dattes poussent ici, en plus des nombreux oliviers.
Direction notre 2ème hébergement du voyage : dans la palmeraie de Skoura, parmi les plus belles du Sud du Maroc. Je ne suis peut être pas la copilote de l'année mais le plan dessiné sous Paint ne nous aide pas beaucoup ! Après quelques hésitations, nous entrons dans la palmeraie et son dédales de ruelles non goudronnées. Bénies soient les flèches vertes sur les arbres !
Nous continuons de descendre l'Oued Ounila jusqu'à Aït Ben Haddou, bien agité, puis Ouarzazate, capitale du cinéma, ville aux mille décors. Une jolie halte thé à la menthe et balade dans les ruelles de l'ancienne kasbah.
Pause déjeuner à Telouet, petit village, où Ali nous invite à prendre place en terrasse pour un tagine et une salade marocaine. Nous n'échapperons pas à la traditionnelle visite de tapis, dont certains ont pris 10 mois aux femmes du village ("elles n'ont pas que ça à faire").
Depart vers le Sud par le col de Tizi n Tichka ! La route droite défilant, nous quittons l'effervescence de la ville pour des villages plus rustiques. Beaucoup de personnes au bord des routes : hommes, femmes, enfants, à pied, à dos d'âne, à vélo, en charrette... Nous passons des vallées tour à tour vertes, jaunes puis rouges. Un troupeau de chèvres avance à flan de colline. Les couleurs sont incroyables et déjà l'air est plus pur !
Réveillés vers 5 heures par le chant du Muezin, on prend un déjeuner rapide à base de crêpes marocaines (les premières d'une longue série). Deux hommes nous attendent dans le patio : Momo ? Momo ? Lequel est notre Momo? Celui qui a vraisemblablement oublié de se brosser les dents. Momo est un vieux loup du désert : 30 ans qu'il travaille avec notre agence. L'autre Momo nous a apporté notre bolide (une petite Clio qui finira pleine de sable), et réclame notre passeport en caution... Fin prêts, Momo nous accompagne pour sortir de Marrakech. Un peu frustrée de ne pas pouvoir conduire, je laisse le volant à Manu qui, ni une ni deux, s'adapte à la conduite marocaine en prenant une rue en sens interdit et en manquant d'écraser un scooter. Le plein fait, nous quittons Momo, Marrakech et ses faux palmiers-antennes 3G !

21 December 2017

Nous rejoignons a la tombée de la nuit la demoiselle de l'agence qui nous attend dehors avec le chauffeur qui nous conduira à l'hôtel. Sur le chemin, nous apprenons qu'elle finit son stage et qu'elle vit en fait à ... Antibes. Nous arrivons à l'hôtel Les 3 palmiers, dans le quartier occidental animé de Gueliz. Quelques instants plus tard, nous entrons dans une jolie chambre avec vue sur la piscine. Affamés par le voyage, nous nous précipitons au food corner, où notre réceptionniste a ses habitudes. Inversion des rôles : pizza veggie pour Manu, tagine poulet citron pour moi (je découvre d'ailleurs que le vrai tagine ne contient pas de semoule!). Nous partons nous balader sur l'avenue Mohammed V, l'artère centrale de la ville où les H&M côtoient les loueurs de scooter. Un verre rapide sur la terrasse panoramique du Renaissance au son d'un Dj fan de Rihanna, mais même sous nos plaids, l'air reste frais et nous filons nous mettre au chaud.
Le premier jour de l'hiver ! Le début de nos vacances à deux, de notre break hivernal, de notre escapade saharienne. En sortant de notre immeuble à Paris, nous avons encore du mal à réaliser que nous partons pour le désert. Le froid glacial et la foule qui se presse pour faire ses derniers achats de noël nous confortent dans notre envie de déguerpir. Nous survolons des paysages aux couleurs chaudes et entrapercevons des montagnes au loin, précédées de nuages de sable ocre. 3 heures de vol ponctuées de pleurs d'enfants, de coups de pied dans les sièges et de chaud-froid, nous arrivons à Marrakech vers 17h heure locale.